Question au conseil municipal du 20 juin 2016 sur la nouvelle politique de stationnement

Lors du dernier conseil municipal le CCI-A a posé une question relative a la « non consultation des citoyens » sur la hausse des tickets-résidents soit :

 » Nous avons appris par voie de presse le 28 mai 2016, l’évolution des tarifs du stationnement dans la ville. Puis le 3 juin 2016 nous avons assisté à une réunion nous informant de ce choix. Pourquoi cette décision a-t-elle été prise sans aucune concertation, ni coopération, ni co-construction ?  »

Voici un lien pour visionner la vidéo du dernier conseil municipal (20 juin 2016). La question démarre à 8’42 »
> https://www.youtube.com/watch?v=ecjabRLJiWY

voici la réponse du maire :

 » Madame, Monsieur,

La tarification du stationnement sur voirie est l’un des nombreux leviers que nous avons choisi d’actionner pour que demain, Grenoble soit une ville plus fluide, moins polluée, plus agréable à vivre. C’est l’une des facettes d’un dispositif global.

Faire évoluer la tarification du stationnement, c’est un vrai coup d’accélérateur pour le report vers des modes de déplacement alternatifs à la voiture individuelle. C’est aussi libérer l’espace public, une denrée rare dans la 3ème grande ville la plus dense de France, en facilitant l’utilisation des parkings en ouvrage, aujourd’hui largement sous-utilisés (la réduction tarifaire proposée par la métropole pour les premières heures de stationnement va également dans ce sens).

Cet espace public libéré va bénéficier à tous, visiteurs comme habitants de Grenoble. Je pense aussi aux commerçants, car les mesures prises permettront une plus grande rotation des véhicules stationnés en proximité des zones commerciales.

Concernant le ticket résident, le choix que nous avons fait est très clair : pour la première fois à Grenoble nous allons instaurer une tarification sociale !

Cela fait partie du bouclier social municipal que nous déployons et que nous assumons pleinement. Comme pour d’autres politiques publiques, il est juste et équitable que chacun contribue selon ses ressources. 35 %  des titulaires actuels du ticket résident verront ainsi leur tarification baisser.

Comme nous nous y sommes engagés, nous poursuivons les échanges entamés depuis plusieurs mois à la demande des riverains sur l’extension des zones payantes, et cela en lien avec les Unions de Quartier, les CCI et autres acteurs locaux (je pense aux riches échanges au sein des réunions de quartier notamment à l’Esplanade ou encore à l’Ile Verte…). Aucune extension de zones payantes ne se fera sans le soutien des habitants eux-mêmes.

De plus, le travail sur la couleur du zonage (telle rue est-elle en zone verte, orange ou violette ?) ainsi que sur le découpage des zones du ticket résident (pour l’instant seulement 2 grandes zones) pourront faire également l’objet de concertation.

Au cours des dernières semaines, nous avons conduit plusieurs réunions d’information et d’échange, de ces échanges nous avons introduit des modifications au projet initial. Je voudrais souligner les deux points principaux qui évoluent :

Tout d’abord, nous introduisons une plus grande progressivité pour le ticket résident, puisque nous passons de 3 tranches de tarif à 11 tranches – toujours échelonnées de 10 à 30€. Cela nous permet de lisser les effets de seuil, et de rehausser le niveau du Quotient Familial pour la dernière tranche.

Deuxième point : nous avons été attentifs aux remarques des acteurs économiques, et nous généralisons la règle des 20 premières minutes de stationnement gratuites en zone commerçantes (ce dispositif était pu connu jusqu’alors).

Effectivement, le processus de co-construction n’a pas été optimum, mais sur cette question comme sur les autres, nous sommes à l’écoute des propositions constructives, d’où qu’elles viennent ! Et quand il y a des améliorations à apporter, nous sommes heureux de pouvoir le faire. C’est notre méthode, et nous allons continuer dans cette voie.

Enfin, il faut noter que le travail sur l’amélioration de stationnement est loin d’être clos : plusieurs rdv de courts ou moyens termes vont permettre de travailler tous ensemble et dans la concertation.

  • Rappelons d’abord qu’à chaque aménagement urbain, la donnée stationnement, est l’un de paramètre qui est étudié de près avec les habitants. C’est le cas pour les grands projets (comme Cœur de Villes, Cœur de Métropole). C’est aussi le cas pour les aménagements de proximité, notamment avec l’appel à projet « ma rue apaisée » lancé par la métropole.
  • A l’horizon 2018 nous allons devoir également travailler avec la Métropole sur le nouveau mode de gestion des parkings en ouvrage (puisque les DSP prennent fin en 2018). Cela permettra d’encore mieux articuler la politique de stationnement sur voirie, dans les parkings en ouvrage et dans les parkings relais à l’échelle de l’agglomération.
  • Au 1er janvier 2018, la dépénalisation des PV va également changer la donne (la loi prévoit de transformer l’amende pénale qui sanctionne les infractions au stationnement payant sur voirie, en une redevance dont le montant serait fixé par la collectivité locale, qui en recevra le produit).
  • Enfin, la grande concertation sur le PLU intercommunal devra permettre de définir une stratégie en matière de gestion des places de stationnement à l’échelle de l’agglomération, ce qui cohérent puisqu’en matière de déplacement, il nous faut faire converger vers un projet communs les politiques de stationnements à l’échelle de la métropole.

Nous aurons donc de nouveau l’occasion de discuter des enjeux du partage de l’espace public et de la qualité de vie à Grenoble, au-delà du débat que nous ne manquerons pas de poursuivre tout à l’heure.

Qu’il s’agisse des questions orales des CCI ou des pétitions, on voit que les nouveaux outils de démocratie que nous avons choisi de créer sont déjà très bien repérés et utilisés. Pour nous, c’est le signe positif d’une démocratie vivante.

Je vous remercie. »

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