Question au conseil municipal du 6 novembre 2017

Lors du conseil municipal du 06 novembre 2017 de la ville de Grenoble, saisi par un collectif d’habitants, le CCI B a posé une question au maire au sujet de l’avenir de l’école du quai Claude Bernard.

Monsieur le Maire,
Mesdames et messieurs les élus de la majorité et des oppositions,
Membres du conseil citoyen indépendant B, nous avons été interpellés par des habitants porteurs d’un projet sur le devenir des structures d’accueil de la petite enfance de leur quartier, et qui nous ont demandé de porter leur initiative auprès de vous.
Indépendamment du fond, sur lequel nous ne nous prononçons pas, leur démarche de proposition, d’ouverture à la co-construction, nous a semblé représentative des actions citoyennes que nous espérons voir se multiplier à Grenoble, et justifiait que nous la relayions.
Voici leur question :

« Monsieur le Maire, Le Collectif « Claude Bernard » s’est créé au début de cette année 2017 pour avancer des propositions sur le devenir de l’école maternelle Claude Bernard, dont la mairie souhaite la fermeture définitive en juin 2018, avec l’ouverture concomitante de l’école Simone Lagrange.
Nous rappelons que l’école Claude Bernard a été créée dans le quartier il y a plus de 100 ans, et qu’en raison de sa taille modeste et de son jardin, elle accueille les jeunes enfants dans un cadre très approprié à leurs besoins d’éveil et d’attention. Il s’agit véritablement d’un petit paradis dans une grande cité.
Aussi le Collectif, en lien avec l’Union de quartier, et soutenu par une pétition de plus de 500 signatures, a-t-il élaboré un « Projet » pour l’avenir de cette école et de son bâtiment, ainsi que de la crèche toute proche, elle aussi menacée de fermeture. Un projet qui ne vise pas simplement à conserver l’existant, mais dépasse ce simple débat et se centre sur des actions écologiques, associatives, économiques, démocratiques et humaines tout simplement.
Ce projet est-il réaliste et réalisable ? Nous le pensons. L’expertise des services de la commune et la mobilisation des élus nous est nécessaire pour statuer sur ce qu’il est possible de faire véritablement.
Aussi, nous demandons à la mairie d’ouvrir un « atelier » sur l’hiver 2017-2018 pour étudier les différentes pistes de notre projet et pourvoir conclure au printemps prochain sur sa faisabilité, et peut-être aboutir à un projet très différent auquel nous ne pensons pas tous actuellement, tant habitants qu’élus.
Le devenir de l’école Claude Bernard étant à l’ordre du jour du conseil municipal du 18 décembre 2017, nous demandons la tenue du premier atelier bien avant cette échéance, à savoir avant le 08 décembre 2017. Notre question est donc simple :
A quelle date, avant le 08 décembre 2017, aura lieu le premier atelier d’étude de ce projet et quel est l’interlocuteur privilégié pour le mettre en place rapidement ? »

 


Réponse de Mr le Maire de Grenoble :

Mesdames, Messieurs,
Je vous remercie pour cette question et tiens à saluer votre présence ici ce soir, pour porter devant le Conseil municipal les interrogations des habitants de votre secteur.
Votre initiative fait suite à des échanges nombreux entre la Ville et les membres de ce Collectif, concernant l’école Claude Bernard et l’avenir de ce site. J’ai moi-même échangé avec eux en plusieurs occasions.
Comme vous le savez, la Ville est très fortement engagée pour la qualité de
l’accueil des écoliers grenoblois. Cet engagement se traduit :
– par le Plan école, un important programme de constructions, d’extensions et de réhabilitations d’écoles, qui représente un budget d’investissement pluriannuel de 65 millions d’euros,
– mais aussi par un investissement massif pour l’entretien du patrimoine
scolaire, qui mobilise chaque année plus d’1,5 million d’euros et a concerné
cette année une quarantaine d’écoles.
Nous souhaitons aussi que l’école soit un véritable moteur des transitions
environnementales. C’est pour cela que nous sommes engagés avec la SPL
Oser dans la réhabilitation thermique de 3 écoles, et que nous avons permis
l’installation de panneaux photovoltaïques sur les toits de 4 écoles.
Grenoble compte plus de 13000 élèves du premier degré, scolarisés en
maternelle et élémentaire. Ce sont 78 écoles, réparties en 58 groupes scolaires, que nous devons entretenir et dont nous devons assurer le bon
fonctionnement. Aujourd’hui encore, il nous reste beaucoup à faire : 2 ans ont été nécessaires pour lever les avis défavorables en sécurité incendie qui
pesaient sur une dizaine d’écoles ; certaines cours sont en très mauvais état ; des travaux doivent être réalisés pour les sanitaires, les menuiseries, la toiture de quatre groupes scolaires.

Le quartier Arago-Jean Macé-Martyrs fait l’objet d’une très grande attention de la Ville. C’est dans ce quartier qu’est livrée la nouvelle école Simone Lagrange, dans laquelle les enfants seront accueillis à partir du mois de février 2018.
Cette école répond à un cahier des charges très exigeant en matière d’accueil des enfants, de qualité environnementale, d’ouverture sur le quartier, de conditions de travail pour les professionnels engagés dans l’éducation, d’accueil des familles. Elle disposera notamment d’un potager pédagogique et sa toiture sera végétalisée.
Dans ce contexte, la Ville doit faire des choix en étant guidée par un principe
premier : permettre à tous les petits Grenoblois d’être accueillis à l’école dans de bonnes conditions. Je comprends l’attachement des parents d’élèves et habitants du quartier à l’école Claude Bernard, école maternelle à classe unique qui bénéficie d’un cadre de vie très qualitatif.
Comme cela a été indiqué aux parents d’élèves mobilisés, son maintien
induirait des investissements lourds : dans un premier temps, la réfection de la toiture, et à moyen terme, d’autres interventions sur la structure du bâtiment.
Par ailleurs, le bâtiment ne dispose pas des surfaces nécessaires à la bonne
marche d’une école maternelle : salle de motricité, salle dédiée à la
restauration, etc.
Comme vous le savez, si la Ville est compétente pour ce qui concerne le
patrimoine scolaire, les questions pédagogiques et les enjeux liés au
personnel enseignant relèvent de l’Education nationale.
– Le Collectif souhaite que la plus-value de l’école à classe unique soit
reconnue. Cette question relève de l’organisation pédagogique de l’école de la République, et donc de l’Education nationale.
– Le Collectif propose de mettre en place une « classe passerelle ». Comme cela lui a déjà été indiqué, la Ville de Grenoble a déjà développé ce type de
démarche, mais l’Education nationale a souhaité s’engager dans une autre
dynamique pour l’entrée en scolarisation des tout petits, avec le
développement des « très petites sections » en réseau d’éducation prioritaire.
– Le Collectif suggère une organisation pédagogique distincte de celle qui a
cours au sein de l’école publique. L’accueil d’une telle démarche dans une
école publique suppose, aussi, de recueillir l’avis de l’Education nationale.

En conséquence,

La Ville ne peut mettre en place des ateliers de travail de son propre chef
sur ce projet, qui ne relève pas seulement de la compétence communale.
Toutefois, nous proposerons aux représentants du Collectif un rendez-vous
avec un représentant de l’Education nationale afin d’évoquer ces questions.
Madame Elisa Martin, première adjointe en charge du parcours éducatif, et
Monsieur Fabien Malbet, adjoint aux écoles et au patrimoine scolaire, ont
échangé récemment avec la Directrice académique des services de l’Education nationale à ce sujet.
Pour ce qui concerne l’avenir du site et l’importance des activités liées à la
petite enfance dans le quartier Arago-Jean Macé-Martyrs, il est nécessaire de distinguer plusieurs questions :
– le bâtiment : en dépit de sa valeur pour les habitants, il n’est pas identifié
pour son intérêt patrimonial au titre du plan local d’urbanisme intercommunal. L’impératif de protection s’applique uniquement à des bâtiments d’intérêt patrimonial identifié comme « remarquable » ou « exceptionnel », ce qui obéit à des règles strictes communes à tout notre territoire.
– les activités : la réflexion sur les activités dédiées à la petite enfance et à
l’enfance dans le quartier doit bien sûr se poursuivre, au-delà de ce bâtiment, dans le cadre de la réflexion sur la ZAC Presqu’île, en discussion avec les professionnels et les habitants. Sonia Yassia, élue du secteur 1, conduira prochainement des temps d’échanges concernant ce secteur avec la SEM Innovia, aménageur de la ZAC, auxquels vous serez naturellement associés. Des temps d’échange autour de l’enjeu spécifique de la petite enfance et de l’entrée douce en scolarisation pourront également s’organiser, en lien avec Elisa Martin.
En réponse à leur demande, nous adresserons donc au Collectif une
proposition de rendez-vous autour de son projet avant le prochain conseil
municipal, à laquelle nous associerons l’Education nationale.
Sonia Yassia organisera également dans les mois à venir, en lien avec la SEM
Innovia, des temps d’échanges concernant la vie du quartier et son avenir à
long terme.

Nous veillerons par ailleurs à prendre en compte la préoccupation exprimée
par les habitants concernant la petite enfance et l’enfance, afin qu’une
réponse adéquate y soit apportée, pour aujourd’hui et pour demain.
Je vous remercie.

Je partage sur ...Share on Facebook
Facebook
Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on Google+
Google+