Question au conseil municipal du 23 mai 2016 sur les déplacements

Le CCI-F Le Verderet a posé une question sur les déplacements au Conseil Municipal du 23 Mai 2016 :

Monsieur le Maire,
43 des 49 communes de la Métropole-Alpes dont Grenoble ont adopté la limitation à 30Km/h comme étant la nouvelle référence. En tant qu’automobilistes, piétons, cyclistes et parents nous saluons cette initiative prise par la ville et les communes voisines volontaires.
Nous manquons de recul aujourd’hui pour faire un premier bilan en termes de réduction d’accident, de vitesse, de temps de parcours, de pollution et de bruit, mais nous espérons vivement que la Métropole partagera d’ici la fin de l’année des résultats et statistiques permettant de mesurer l’impact de cette initiative.


Depuis le premier janvier 2016, cette limitation est en place dans une quinzaine de communes. En tant qu’usagers, nous constatons que peu de conducteurs respectent réellement la nouvelle limitation. C’est flagrant sur certains boulevards Grenoblois, par exemple Edouard Rey, Gambetta, Jean Jaurès, Général Mangin, et les quais rive gauche.
Nous souhaiterions donc que la Ville de Grenoble alerte le président de la Métropole sur l’importance de déployer rapidement les premiers radars pédagogiques sur Grenoble, l’ensemble de la signalétique ainsi que les aménagements de la voirie favorisant le respect de cette nouvelle limitation de vitesse. D’autre part, nous souhaiterions que le Maire de Grenoble évoque aussi avec le Président de la Métropole le nécessaire développement de mesures incitatives pour encourager les Grenoblois à changer de moyen de locomotion, par exemple la gratuité du parking pour les véhicules électriques et la création de voies réservées aux véhicules propres et/ou au covoiturage.
D’autre part, il y a 1 an, Mme Royal, la Ministre de l’écologie présentait le certificat qualité de l’air ainsi que la nouvelle version de l’éco-pastille. Depuis il semble que le projet a été repensé et il n’y aura plus que 4 différentes vignettes en fonction de l’année et du combustible du véhicule. En France, l’introduction de cette pastille devrait se faire début juillet et l’année dernière vous aviez manifesté rapidement votre intérêt pour ce dispositif.

Nous aimerions donc savoir, M. le Maire, quelles mesures incitatives comptez-vous mettre en œuvre, en particulier des actions de prévention et de verbalisation de la police municipale, mais aussi quelles initiatives de communication ou de sensibilisation vous allez prendre pour soutenir ce projet gouvernemental ?

La réponse du maire de Grenoble (Eric Piolle) :

D’abord, avant d’en venir au fond de votre question, c’est la deuxième fois qu’un Conseil Citoyen Indépendant utilise son droit à m’interpeller sur une question importante pour les habitants.

C’est, je l’espère, le début d’une nouvelle habitude positive.
Nous le savons tous ici, dans cette assemblée, au-delà de nos différences, un enjeu nous rassemble tous, celui de vivifier notre démocratie locale, de retrouver les chemins de la confiance entre la puissance publique et la société. Démocratie représentative et démocratie participative ne s’opposent pas, pour peu que l’une respecte l’autre, que l’une vienne compléter l’autre : c’est donc à la construction d’un nouvel équilibre, d’un nouveau contrat, que nous nous attelons.

Et, comme nous avons pu le voir encore ce week-end end à travers la Ruche aux projets qui a su attirer un grand nombre de Grenoblois, ce nouvel équilibre, cette ambition est également partagée par les Grenobloises et les Grenoblois qui sont toujours au rendez-vous. C’est enthousiasmant et encourageant pour la suite.
Sur le fond de votre question.

Vous attirez notre attention sur la mise en oeuvre concrète des engagements de la « Métropole apaisée », et de la « Ville respirable » quelques mois après leurs lancements officiels. Vous vous faites ainsi le porte-parole d’un nombre grandissant de Grenoblois qui nous interpellent tous les jours, par courrier, lors des réunions publiques ou bien en ville, sur ces sujets essentiels.

Nous le savons tous ici, le Grenoble d’hier, hérité des JO de 1968, était conçu presque à la façon d’un circuit automobile : les 4 voies arrivaient jusque dans le coeur de la ville, elles le traversaient même, au point de fracturer et d’émietter la ville. Au-delà des ruptures urbaines, cette conception de la ville était une offense permanente à l’attractivité de notre territoire comme à la santé et à la tranquillité de ses habitants, notamment des plus fragiles d’entre eux.

C’est grâce au courage des équipes d’Hubert Dubedout, qui ont ouvert la voie à la piétonisation et au retour du tram, que Grenoble est progressivement passée du « circuit automobile » à la ville à vivre. Cet élan s’est poursuit depuis (on ne reviendra pas ici sur l’aberrant projet de Rocade Nord qui aurait achevé de faire de Grenoble un rondpoint) et, aujourd’hui, notre ambition est d’écrire une nouvelle page de cette reconquête de la ville. C’est l’ambition que nous portons à la ville et qui rejoint les engagements de la Métropole apaisée et de la ville respirable.

En ce qui concerne l’installation des radars pédagogiques, j’ai le plaisir de vous annoncer que ça y est, c’est parti, le premier a été installé par la Métropole vendredi dernier, dans le quartier Chorrier-Berriat. Nous sommes au début de la première phase d’installation. D’ici quelques mois, l’intégralité de la quarantaine de radars pédagogiques aura été installée.
En un mot, j’aimerai revenir sur le choix d’implanter des radars pédagogiques aux endroits les plus sensibles de notre ville (les entrées de ville, aux abords des écoles, etc.) : il s’agit pour nous d’en appeler à la citoyenneté des automobilistes. Nous aurions pu faire le choix de multiplier à l’infini les contrôles, nous faisons le pari d’accompagner l’évolution des comportements.

Ensuite, vous m’interpellez sur les initiatives pour motiver les Grenoblois à changer de moyen de locomotion, par rapport à la voiture individuelle. Vous évoquez même la piste de voies réservées au covoiturage. Ici aussi, c’est une conviction partagée par la municipalité. Et c’est même, en exclusivité, la position que porte la ville dans le réaménagement de l’A480, cette bretelle de la rocade qui passe sous les fenêtres de tant de Grenoblois.

Oui, comme dans bien d’autres pays, les voies réservées au covoiturage sont une partie de la solution contre les bouchons et contre la pollution. Pour rappel, un Grenoblois passe en moyenne 39 heures par an dans les bouchons… Notre pays est, comme bien souvent, en retard d’une évolution et je crois que cela serait à l’avantage de notre territoire de faire un pas en avant dans cette direction. C’est la position que la Ville porte avec énergie dans les discussions avec le département, la Préfecture de l’Isère et la Métropole.

En revanche, nous n’envisageons pas des privilèges tarifaires pour le stationnement des véhicules électriques. En effet, la voirie urbaine est déjà mis sous pression par le stationnement des véhicules individuels, aussi nous souhaitons normaliser cette emprise au profit de trottoirs plus larges et végétalisés, chaque fois que possible, tout en développant les aménagements cyclables. Un véhicule individuel, qu’il soit électrique ou pas, occupe de l’espace public pour stationner.

Enfin, vous attirez mon attention sur le projet de Certificat Qualité de l’Air porté par le Gouvernement. Sur ce point, la position de la Ville de Grenoble est connue : nous sommes pour un dispositif à 6 niveaux, pour 6 catégories de véhicules, du moins au plus polluant. Six catégories, c’est l’assurance d’un dispositif fin et adapté qui ne cherche pas à pénaliser les automobilistes mais bien à protéger les habitants lors des pics de pollution.

C’est la position que nous portons dans le protocole d’accord sur le sujet, validé lors du conseil municipal de novembre dernier, et qui rassemble notamment la métropole, le SMTC, les territoires du voironnais et du Grésivaudan.

Le lancement opérationnel du dispositif se fait attendre, c’est vrai, nous partageons votre impatience. J’ai eu l’occasion d’échanger plusieurs fois avec les équipes de Ségolène Royal sur ce point. Notre engagement pour un dispositif à 6 catégories est intact et, sans trop m’avancer ici ce soir, je suis confiant dans la motivation du Gouvernement à honorer ses engagements dans les meilleurs délais.

Votre question se fait le relais de l’intérêt de bon nombre de Grenoblois sur ces enjeux de la ville apaisée. La détermination de la ville de Grenoble est maximale, pour accompagner les évolutions des attentes et des aspirations de l’ensemble des habitants, sur ces sujets d’intérêt général, qui touche bien sûr à notre santé, à celle de nos proches mais aussi à l’attractivité économique et commerciale de notre territoire. Nous vous tiendrons bien entendu informés sur l’actualité des points évoqués ci-dessus.
Je vous remercie.

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