Question au conseil municipal du 5 novembre 2018

Lors du conseil municipal du 05 novembre 2018, le CCI1, en partenariat avec l’Union de quartier Jean Macé, a posé une question au maire au sujet de l’avenir du parc Tarze.

Question posée par Alain Lauriot du CCI1 :

« Monsieur le Maire,

Les habitants du quartier Arago-Jean-Macé-Martyrs, s’inquiètent des prochaines constructions prévues dans le parc Tarze, qui jouxte le CHRS et le centre d’accueil communal.
Le 2 juillet 2018, lors d’une réunion avec l’union de quartier, Sonia Yassia et Maud Tavel se sont engagées à confirmer par écrit d’ici la fin aôut que trois constructions étaient envisagées sur ce petit espace vert: deux immeubles d’habitation et un immeuble de bureaux.
N’ayant rien reçu à la fin de l’été, des habitants du quartier, réunis le 7 septembre à l’initiative de l’union de quartier, vous ont adressé le 17 septembre un courrier pour vous demander de vous prononcer officiellement sur cette question.
Ce courrier étant toujours sans réponse nous renouvelons notre demande.

Nous voulons insister sur deux points:

– les habitants ne sont pas opposés par principe aux constructions. Des projets de constructions pour le logements et des activités sont prévus pour 2020/2021 autour de la nouvelle école S.Lagrange. Ces projets sont bien accueillis car ils laissent espérer l’installation de quelques commerces de proximité dans le quartier. Toutefois, ces nouveaux habitants et nouveaux acteurs du quartier seront-ils privés d’espace vert ? Pourquoi détruire un parc alors que le terrain Mory situé à quelques dizaines de mètre du parc Tarze est disponible pour la construction et qu’aucun projet n’est, à notre connaissance, lancé sur cet espace. L’école C. Bernard, fermée depuis le mois de septembre, est aussi en attente de projet. Les habitants se demandent quelle concertation sera envisagée avec eux pour ces sites.
Il est vrai que le parc Tarze est pollué et que cette parcelle doit retrouver des conditions sanitaires conformes. Bétonner le parc est-il la seule solution pour résoudre le problème de pollution et de mise en conformité ? Les autres solutions ayant pour objectif de conserver la végétation n’ont jamais été étudiées. Les habitants sont attachés à ce petit coin de verdure. Ils souhaitent qu’il devienne un lieu de rencontre, de convivialité pour tous les habitants, en particulier les résidents du CAI et du CHRS. Il souhaitent que le PLUI affirme cette destination.

– le parc est occupé actuellement par des familles de réfugiés. Nous avons alerté vos services dès le mois d’août sur les mauvaises conditions sanitaires liées à la pollution. Le nombre de réfugiés ayant augmenté régulièrement, nous vous avons adressé un courrier le 24 Septembre ainsi qu’à M. le Préfet, M. le Président du Conseil Départemental, M. le Président de Grenoble-Alpes Métropole pour vous demander d’agir collectivement pour protéger ces enfants, ces femmes et ces hommes qui sont contraints de vivre dans des conditions lamentables. Malheureusement, rien ne se passe. On en viendrait presque à douter de la pollution du parc et du risque sanitaire. Les habitants sont en attente d’une action forte et solidaire de l’ensemble des responsables du territoire.

Donc voici notre question :

Est-ce que vous nous confirmer ou infirmer, Monsieur le Maire, que le parc Tarze est destiné à disparaître pour laisser place à deux immeubles d’habitation et un immeuble de bureau ? »

Pour entendre la réponse du maire (en attendant sa transcription) :
http://www.grenoble.fr/1297-conseil-municipal-du-5-novembre-2018.htm

Commentaire d’Alain Lauriot :
« Quelle amertume que cette question au Conseil Municipal ! Le fonctionnement de la procédure est d’une rigidité extrème :
la question est posée en tout début de Conseil Municipal, aussitôt après l’appel.
Le Conseil Municipal est interrompu.
La personne habilitée par le CCI pose sa question qui doit être exactement le texte qui a été envoyé (ce que je n’ai pas tout à fait respecté, en utilisant le terme de “migrant demandeurs d’asile”, et en précisant que nous savions parfaitement que, légalement, la responsabilité revient à l’état, donc au préfet). Quand la question est posée, le micro est coupé, et le maire apporte sa réponse. Il ne peut pas être interrompu, ni contredit. Il n’y a aucun droit de suite.

Et nous avons assisté à un déni humanitaire, un déni démocratique et même un un déni historique .

Un déni humanitaire car, après avoir eu un couplet convenu sur la détresse des migrants installés sur le parc Tarze, le maire s’est drapé dans le droit le plus restrictif, et rappelant les responsabilités légales des uns et des autres, il n’a fait aucune proposition concernant notre demande d’action COMMUNE ET SOLIDAIRE. “J’ai transmis au préfet des adresses disponibles dans le cadre du plan hivernal”, j’ai fait mon job, circulez il n’y a rien à voir…

Un déni démocratique car, malgré notre insistance sur l’attachement des habitants de notre quartier au Parc Tarze, il n’en a tenu aucun compte, n’y a fait aucune référence, et s’est retranché derrière des décisions prises avant même son élection, et surtout des accords mensongers avec les habitants. Pour mémoire, il y avait un accord avec la SEM : des constructions sur l’axe Durant Savoyat, une réflexion à avoir sur le terrain Mory et les parcelles alentour, la rénovation de la place Lhuillier, mais on ne touche pas au Parc Tarze, ni à l’école Claude Bernard.

Un déni historique, enfin. En dénommant “terrain en friche” le Parc Tarze , et en prétendant qu’il n’a jamais eu ce titre, il fait volontairement fi de trente ans d’utilisation de ce parc (après le déménagement des abattoirs dans les années 70) par les habitants, les enfants et le CHRS, longtemps implanté sur celui-ci (on en voit encore les images sur Google Maps), fi des arbres centenaires et des bancs, fi de la verdure qui n’a jamais été abandonnée aux décharges sauvages. »

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