Question au conseil municipal du 7 novembre 2016 sur la verbalisation

Lors du conseil municipal du 07 novembre 2016 de la ville de Grenoble, le CCI C a posé une question au maire au sujet de la verbalisation en cas de non respect des règles de circulation ( voitures mal stationnées, circulation des vélos sur les trottoirs, etc).

Voici l’intégralité de la question qui a été posée au maire lors de la suspension de séance du conseil municipal :

Monsieur le Maire,

Au mois de mars de cette année, vous avez annoncé une application plus stricte du code de la route à Grenoble.

Une attention particulière devait être apportée aux voitures mal garées c’est-à-dire stationnées sur les trottoirs, les passages piétons, les places réservées aux personnes à mobilité réduite, les pistes cyclables et généralement de manière dangereuse. Les amendes encourues dans ces hypothèses s’élèvent à 135 euros.

Les comportements dangereux des cyclistes devaient également être plus sanctionnés. Ainsi les cyclistes circulant sur les trottoirs parmi les piétons peuvent se voir infliger une amende
de 22 euros.

Ces mesures doivent permettre de faire respecter les espaces attribuées à chaque mode de transport et éviter les conflits d’usage. Elles renforcent la sécurité tant des piétons que des
cyclistes.

Quelques mois après ces annonces, nous constatons que les règles ne sont pas toujours respectées : certains cyclistes considèrent toujours les trottoirs comme une voie de
circulation comme une autre, certains piétons marchent sur les pistes cyclables sans se soucier des cyclistes qui les fréquentent, et certains automobilistes font des pistes cyclables
des places de parking bien commodes…

De même, l’Union de Quartier Île Verte a co-construit un « plan vélo » avec vos services et les élus en charge. Cependant, plusieurs mois après la remise du rapport, nous n’avons aucune
visibilité, aucun retour, ni de la ville, ni de la métro sur la mise en œuvre de ce plan vélo. D’autres quartiers se sont lancés dans la même démarche, mais si rien ne se passe, le découragement prendra le dessus sur les démarches de co-constructions liées à la mobilité.

Les grenoblois sont attentifs à ces questions et s’interrogent :

  • Des instructions particulières ont-elles été données aux agents de la police municipale ?
  • Des secteurs particulièrement sont-ils surveillés ?
  • Combien d’amendes ont été infligées par catégories d’infraction depuis le mois d’avril ?
  • Existent-il des statistiques des radars pédagogiques ?
  • La ville observe-elle les comportements et leur éventuelle évolution ?
  • Quelles mesures de sécurisation des pistes cyclables sont envisagées quand elles partagent des trottoirs avec les piétons ?
  • Quand les « plans vélo » seront-ils mis en œuvre ?- Des actions sont-elles prévues pour expliquer aux piétons et cyclistes les règles de co-circulation sur les trottoirs et dans les rues piétonnes ?
  • Quelles sont les préconisations pour les cyclistes, accompagnant parfois des enfants, dans les rues dangereuses, étroites, fréquentées par le tram, non équipées de pistes cyclables ?

Ce sont là, parmi d’autres, quelques-unes, des préoccupations des grenoblois sur cette importante question des déplacements quotidiens au sein de notre ville.

Dans ces conditions, Monsieur le Maire, quelle évaluation tirez-vous aujourd’hui de l’avancée du « plan vélo » et quels éléments concrets de bilan pouvez-vous nous apporter en
terme d’application des mesures de prévention et de sanctions prévues tant auprès des automobilistes que des cyclistes ?

Merci par avance des réponses que vous apporterez au Conseil Citoyen Indépendant et aux grenoblois.

La réponse :

Réponse de M. le Maire à la question du CCI-C

Conseil municipal du 07/11/16

Cher Monsieur,

Merci pour votre question, qui interpelle la Ville de Grenoble sur un point essentiel : le bon usage et le partage de l’espace public.

La ville d’hier était construite autour de la voiture. Le bon aménagement était celui qui favorisait l’automobiliste, souvent au détriment du piéton, du cycliste, et même au détriment des transports en commun (souvenons-nous que jusque dans les années 50 Grenoble et sa région comptaient près de 100 kilomètres de voies de tram, là ou après des décennies d’investissements, nous culminons aujourd’hui à
environ 50 kilomètres…).

La ville et la métropole de demain que nous construisons jour après jour, en lien avec la société civile partout sur le territoire, ne repose plus sur l’hégémonie de la voiture, ni sur aucune hégémonie de substitution : elle donne à chacun sa juste place, elle repose sur le partage des ressources, des espaces et des moments.

Pour permettre que ce partage se concrétise et ne reste pas qu’une belle intention, il est indispensable d’être au clair, et transparent sur les règles du jeu. Chacun doit être sensibilisé, chacun doit pouvoir se déplacer sans nuire aux autres.

C’est la raison pour laquelle, au premier trimestre 2016, la Ville de Grenoble a engagé une démarche de verbalisation active, après plusieurs semaines de sensibilisation. Là encore, il ne s’agit pas de piéger, mais d’accompagner les changements de comportement. Le but n’est pas de verbaliser pour verbaliser, mais d’améliorer la qualité de vie et de circulation dans notre ville.

Vous interpellez la Ville sur les premiers résultats de cette campagne de verbalisation, les voici : entre janvier et novembre 2016, la ville a adressé 4828 procès-verbaux pour stationnements gênants ou très gênants :

  • 415 Procès-Verbaux pour stationnement sur piste cyclable,
  • 627 pour stationnement très gênant
  • 3221 pour stationnement gênant sur trottoir,
  • 314 pour stationnement sur place PMR.

Par ailleurs, afin d’accompagner les évolutions des modes de déplacements, la Ville de Grenoble mène des projets d’envergure afin d’assurer un meilleur partage de
l’espace public, dans la sécurité de chacun.

Ainsi, dans le cadre du plan « Cœurs de ville, cœurs de métropole » piloté par la métropole, la Ville agit pour élargir le centre de Grenoble tout en sécurisant les voies réservées à chacun : des rues seront piétonnisées, des axes seront réservés aux cycles et aux transports en commun.

Par ailleurs, sur chaque nouvel aménagement, nous prenons soin d’assurer les dispositifs de sécurité à la fois pour les cyclistes, les piétons et les automobilistes. C’est le cas en ce moment même sur les travaux d’aménagement cyclable aux abords du quartier de l’aigle.

J’ajoute que la nouvelle gare de Grenoble, dont les travaux se terminent actuellement, sera dotée de deux silos à vélo d’envergure, afin d’assurer le bon stockage des vélos. Demain, la nouvelle gare pourra accueillir 2 000 vélos dans les meilleures conditions. La pratique du vélo a augmenté de 32% au cours des 6 dernières années, nous devons accompagner ce changement par des politiques ambitieuses.

Ces changements se font avec les habitants et les forces vives : la concertation sur Cœur de Ville, Cœurs de métropole continue, et vous avez cité l’exemple du plan vélo de l’Union de quartier Ile verte.

L’Union de quartier de l’Ile Verte a fait un travail remarquable de propositions pour des aménagements cyclables dans le quartier de l’Ile verte. Son « Plan vélo de quartier » est une « première », qu’il est intéressant de reproduire dans tous les
quartiers – et pour commencer dans au moins chaque secteur de notre ville. Car il importe de décliner le Plan vélo d’agglomération et ses grands axes structurants dans
le maillage fin notre ville, et en concertation et dans l’écoute avec les habitants et les usagers de la bicyclette. D’ailleurs, un second plan vélo est déjà en cours d’élaboration dans le quartier Exposition-Bajatière (secteur 4)… Il faut continuer ainsi dans d’autres quartiers et d’autres secteurs, progressivement.

Ces « Plans vélo de quartier », une fois élaborés, il revient ensuite à la Métropole, à ses élus et ses services, d’examiner la faisabilité technico-économique des propositions, puis d’établir un planning de mise en œuvre, avec les diverses demandes que la métropole doit traiter, et en composant avec les moyens humains et financiers dont elle dispose.

Comptez sur notre rôle d’élus communaux pour activer l’échelon métropolitain, au meilleur de ses capacités, car pour nous l’enjeu des déplacements à vélo est essentiel pour répondre aux besoins des habitants et préparer la ville de demain.

Un temps de travail est d’ores et déjà prévu pour le courant du mois de novembre, entre les services de la Ville, de la Métro et de l’Union de quartier. Il s’agira de faire le point sur la programmation des travaux en cours et à venir. Lors de cette
rencontre, un point sera également fait sur l’apaisement des axes les plus problématiques du quartier (rues Lachman et Bizanet, notamment).

Je vous remercie.

Je partage sur ...Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+